Jean-Yves Lafesse, amuseur de son métier, ne l'est plus par internet (amusé). Selon Le Figaro, Lafesse s'en est pris à un site porno, qui avait eu l'idée étrange de mettre en avant et en vidéo des sketches de Lafesse pour derrière mieux vendre de La Fesse :) L'artiste a ainsi réussi à faire condamner le site qui devra verser à l'auteur 3500 euros de dommages et intérêts, selon Le Figaro.
Mais ça ce n'est rien, ce qui constipe au plus au point Lafesse, c'est que de larges extraits de ses DVD soient téléchargebles à l'envi sur Daily Motion, YouTube, MySpace, et consors. Du coup le comique assigne Dailymotion en justice, et accuse la plateforme en question de "pillage industriel", et ce depuis plusieurs années. Alors ça coûte combien de diffuser les sketches de Lafesse en fraude de ses droits ? Et bien d'après l'avocat du plaignant, cela va chercher dans les deux millions d'euros !
Cette anecdote, ajoutée à sans doute bien d'autres à venir, met en avant le problème de "l'irresponsabilité" des opérateurs techniques, et de l'utilisation qui est faite des outils qu'ils proposent à une communauté d'utilisateurs ! Pas simple. En exagérant, ce n'est pas parce que je compose un numéro de téléphone et que j'insulte quelqu'un que mon opérateur téléphonique est aussitôt "justiciable" au titre de la responsabilité de mon acte ! Et bien pourquoi Daily Motion serait responsable des actes commis avec ses outils par des utilisateurs à priori pourvus de leur propre libre arbitre et pleinement responsables de leurs propres actes ?
Ce n'est pas si simple, car techniquement il y a les outils de publication, qui ne sont que des outils, mais également la plateforme de diffusion qui là est bien et bien un espace appartenant en propre à Daily Motion et qui se doit sur cette délimitation "géographique" de faire respecter la loi. Donc Daily Motion pourrait bénéficier du même régime de "faveur" que les hébergeurs, puisqu'il héberge simplement du contenu... et bien non, car Daily Motion, outre le fait qu'il héberge ce contenu, tire ses revenus du fait de la présence et de la qualification et qualité de ces mêmes contenus !
Quand on sait que les contenus illégaux, sont généralement plus rémunérateurs que les contenus légaux, du simple fait que leur illégalité est souvent et directement liée à leur contrevaleur commerciale, donc à ce que l'on appelle leur "appréciation", il est de l'intérêt direct de Daily Motion que ses contenus soient de la plus haute valeur possible, et donc le contenu illégal est le plus rémunérateur. Si en plus une législation inadaptée ou encore un peu faisant preuve de laxité au niveau son interprétation existe, c'est tout bénéf' puisque ce qui est illégal devient toléré, donc pseudo légal.
Généralement ces situations ne perdurent pas car, leur exploitation de plus en plus "industrialisée", démontre d'une part leur existence, et d'autre part, leur intérêt économique. De là, généralement, on arrive non pas à une situation d'interdiction, mais plutôt à une situation plus logique de "partage des revenus". Ainsi la plupart des plateformes de téléchargement trés décriées il y a encore quelques années voire quelques mois, ont muté ou mutent en des versions "légales". C'est en fait la transformation des méthodes de distribution qui évolue et s'adapte avec au passage des essuyages de plâtes et des épisodes juridiques médiatisés, qui ont pour utilité d'aider les différentes parties à trouver leurs marques, et à définir ce qu'elles peuvent respectivement attendre comme part, du partage de gâteau.
Donc avec un petit peu de mauvaise foi, Daily Motion pourrait expliquer à Jean-Yves Lafesse, que ses méthodes ont avant tout un objectif pédagogique et de sensibilisation à son égard, et qu'il devrait se réjouir de bientôt compter Daily Motion parmi ses futurs partenaires, capables de "monétiser" ses oeuvres et de l'enrichir encore plus en toute légalité. Si il a vraiment de l'humour il comprendra !
En attendant c'est du "Laffesse free", et tant que l'élastique n'aura pas cassé, tout le monde pourra télécharger ses DVD et autres sketches sans bourse délier.